La Philippine Amusement and Gaming Corp. (PAGCOR) s’apprête à bouleverser le paysage financier des opérateurs de jeux en ligne avec l’introduction d’une nouvelle redevance mensuelle obligatoire. Dès l’année prochaine, tous les administrateurs du système de jeux électroniques accrédités (GSA) et les opérateurs de lieux de jeux (GVO) seront soumis à une « redevance minimale garantie » (MGF), une initiative visant à standardiser la collecte des revenus et à renforcer la discipline fiscale dans le secteur.
Dans un mémorandum daté du 15 décembre, PAGCOR a exposé les raisons de cette nouvelle politique, soulignant la nécessité de combler les lacunes existantes dans la structure tarifaire actuelle. Selon Jessa Mariz Fernandez, chef de la division de licences de jeux électroniques de PAGCOR, la mesure est indispensable car le conseil d’administration a approuvé le 4 décembre des principes qui spécifient l’équité, la responsabilité et la discipline fiscale. Le montant à payer est déterminé en fonction d’un revenu brut mensuel minimum des jeux.
Le nouveau système de redevance sera déployé en deux phases distinctes, permettant aux opérateurs de s’adapter aux obligations financières accrues. La première phase, effective du 1er avril au 30 septembre 2026, fixe des repères spécifiques basés sur le type de jeux offerts. Les GSA exploitant des jeux de casino électroniques générant au moins 30 millions de pesos en GGR mensuel devront payer une MGF mensuelle de 9 millions de pesos. Pour ceux sans jeux de casino électroniques gagnant un minimum de 15 millions de pesos en GGR, la redevance est fixée à 3 millions de pesos.
La seconde phase, débutant le 1er octobre 2026, verra ces tarifs augmenter. Les GSA avec des jeux de casino électroniques générant un GGR mensuel minimum de 35 millions de pesos seront confrontés à une MGF mensuelle de 10,5 millions de pesos. Par ailleurs, les opérateurs sans ces jeux mais gagnant au moins 20 millions de pesos en GGR devront payer 4 millions de pesos par mois. Cette approche échelonnée reflète l’intention de PAGCOR d’ajuster les redevances en fonction du potentiel de génération de revenus des différentes catégories de jeux.
Cette politique aura un impact sur un nombre significatif d’acteurs du secteur. Au 4 décembre, la liste accréditée de PAGCOR comprenait pas moins de 65 GSA, qui versent tous actuellement une part de leur GGR comme condition pour leur licence d’exploitation. L’introduction de la MGF ajoute un composant de coût fixe à leurs dépenses opérationnelles, transférant partiellement le risque financier aux opérateurs pour qu’ils atteignent des objectifs de revenus minimaux.
En imposant un retour minimal garanti, PAGCOR établit effectivement un seuil de performance pour l’industrie. Les opérateurs seront désormais contraints de maintenir un certain niveau de génération de revenus pour rester viables, car la redevance s’applique indépendamment du fait qu’ils atteignent ou non les objectifs de GGR.
À mesure que les dates de cette mise en œuvre se rapprochent, l’industrie du jeu en ligne observera avec grand intérêt l’impact de cette charge financière sur l’environnement concurrentiel du marché des jeux en ligne philippin tel qu’il existe à ce jour.
Ce changement pourrait susciter des préoccupations parmi les opérateurs qui, déjà confrontés à des marges réduites et à une concurrence croissante, doivent maintenant s’adapter à cette nouvelle exigence financière. Certains pourraient faire valoir que cette augmentation des coûts fixes réduit leur flexibilité financière, les forçant à reconsidérer leur stratégie commerciale et leurs offres de jeux.
Cependant, d’autres voient l’initiative de PAGCOR comme une étape nécessaire vers une plus grande stabilité financière et une concurrence loyale. L’imposition d’une redevance minimale garantit que seuls les opérateurs capables de maintenir un certain niveau de performance resteront sur le marché, aidant potentiellement à écarter les acteurs moins sérieux et à renforcer la réputation globale du secteur.
En fin de compte, cette nouvelle politique pourrait s’avérer être un test décisif pour les opérateurs de jeux en ligne aux Philippines, les obligeant à repenser leurs modèles économiques tout en s’adaptant à un cadre réglementaire de plus en plus rigide.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
