Lors d’une cérémonie à la Casa da Moeda à Rio de Janeiro célébrant le 90e anniversaire du salaire minimum brésilien, le président Luiz Inácio Lula da Silva a exprimé son soutien à l’implication de la Banque Centrale dans la régulation des sites de paris en ligne, tout en critiquant la croissance rapide de ces plateformes au Brésil. Parmi les officiels gouvernementaux présents figuraient le président de la Banque Centrale, Gabriel Galípolo, ainsi que les ministres Esther Dweck (Gestion et Innovation), Gleisi Hoffmann (Relations institutionnelles), et Marinho Luiz (Travail et Emploi). La participation de Gabriel Galípolo, annoncée seulement la veille de l’événement, a été perçue par les analystes comme un engagement à l’unité avec la banque centrale.
Lors de son discours, Lula a clairement établi une comparaison entre les plateformes de paris sportifs en ligne et les casinos traditionnels, qu’ils soient en ligne ou hors ligne, interdits au Brésil. Il a souligné que ces plateformes ont réussi à contourner cette interdiction. « Pendant longtemps, j’ai entendu l’argument selon lequel les casinos étaient interdits. Le jeu de casino est un jeu de hasard et ne peut exister car les pauvres y dépenseraient leur argent. Le Brésil ne pouvait même pas avoir le ‘jogo do bicho’. Et que s’est-il passé? Le casino est entré dans nos foyers avec ce nombre de plateformes de paris qui ont été créées », a-t-il déclaré.
Lula a exprimé son inquiétude face à ce qu’il décrit comme la surreprésentation des entreprises de paris dans divers domaines de la société, tels que les sports, la publicité et les événements sociaux. Selon lui, l’extension des paris en ligne soulève des alarmes, même s’il n’a pas directement mentionné de cas de corruption lors de son discours.
Le gouvernement fédéral brésilien a élaboré une réglementation pour les paris en ligne, dans le but de renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres fraudes financières. Lula a réitéré que la Banque Centrale poursuivra ses efforts pour que les entreprises de paris régulées paient des impôts. Cependant, des experts de l’industrie notent que la supervision directe des opérateurs de paris est assurée par le Secrétariat des Prix et des Paris, rattaché au ministère des Finances, et non par la Banque Centrale, qui est chargée de superviser le système financier, de mettre en œuvre la politique monétaire et de maintenir la stabilité de la monnaie.
En réponse aux déclarations de Lula, certains éditorialistes ont critiqué le président pour sa méconnaissance du cadre réglementaire et de la réalité économique du secteur des paris sportifs. Ils affirment que les paris sportifs et les jeux en ligne sont soumis à un cadre réglementaire très strict, empêchant toute forme de corruption sans sévères sanctions. De plus, le football brésilien aurait enregistré une croissance financière substantielle depuis la légalisation du sponsoring par les paris en décembre 2018, les équipes brésiliennes ayant remporté la Copa Libertadores lors des sept dernières éditions.
Les observateurs politiques situent la position de Lula sur cette question dans le contexte historique du conflit entre le Parti des Travailleurs (PT) et les affaires liées aux jeux, notamment après le scandale « Waldomiro Diniz Billetera » de 2004. Certains pensent que le discours politique de cette administration fait partie d’une politique promue sous le label « BBB » — « Banques, Paris, et Milliardaires ».
Enfin, les critiques ont fait écho à une célèbre phrase attribuée à l’ancien sénateur Romário : « Pelé silencieux est un poète ». Selon eux, cet adage pourrait également s’appliquer aux leaders politiques lorsqu’ils discutent du jeu et des paris, un sujet qui continue de susciter un vif débat dans le paysage réglementaire et politique du Brésil.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
