Le 17 juin 2026, lors de sa participation à l’émission télévisée « Bom Dia, Ministro », Paulo Henrique Cordeiro, Ministre des Sports du Brésil, a exprimé ses inquiétudes concernant les conséquences socio-économiques croissantes des paris sportifs dans le pays. Selon lui, de nombreux Brésiliens voient dans cette activité une opportunité de changer leur vie plutôt qu’un simple divertissement. Le gouvernement surveille de près l’impact des paris sur les finances personnelles et la santé mentale de la population, un sujet devenu central dans l’administration fédérale pour comprendre les différences de comportement entre les parieurs brésiliens et ceux d’autres pays.
« Le gouvernement du Président Lula est très préoccupé par les troubles mentaux générés par les jeux d’argent, » a-t-il expliqué. « Les Brésiliens utilisent les paris différemment par rapport aux Européens ou aux Américains, pour qui c’est principalement un loisir. Ici, on cherche à améliorer notre réalité socio-économique à travers les paris, ce qui conduit à des dettes. »
Le gouvernement va continuer à surveiller le secteur et pourrait appliquer des mesures plus strictes si l’impact négatif des paris sur le bien-être financier ou psychologique de la population se confirme. Le ministère des Finances considère que la régulation des jeux de hasard nécessiterait une approche semblable à celle employée pour l’industrie du tabac. Pendant ce temps, les autorités renforcent leurs efforts pour bloquer les opérateurs illégaux.
La taille du marché régulé se fait déjà sentir. Au cours des quatre premiers mois de 2026, le budget de l’État brésilien a reçu 4,6 milliards de BRL grâce aux taxes imposées sur le secteur des jeux d’argent, alors que plus de 30 000 sites web proposant des services de jeux illégaux ont été bloqués.
Cependant, les résultats des recherches récentes contrastent avec les affirmations des responsables gouvernementaux sur les dettes liées au jeu. Une étude réalisée par LCA Consultoria en avril a révélé que les jeux d’argent ne représentent que 0,46 % de la consommation globale au Brésil et environ 0,3 % du PIB du pays. Les Brésiliens consacrent une plus grande partie de leur revenu aux divertissements et à la technologie. Par exemple, les dépenses en services de streaming sont d’environ 0,86 %, tandis que celles en téléphones portables et accessoires s’élèvent à environ 1,88 %. Ces résultats suggèrent que le jeu n’est peut-être pas la cause principale de l’endettement des ménages.
En outre, le ministre a abordé les plans de développement sportif général. Le projet de loi n° 6 133/2025, récemment adopté par le Sénat, prévoit la création de l’Université Fédérale du Sport (UFEsporte). Inspirée du modèle de l’Université de Kazan en Russie, elle sera basée à Brasilia et disposera de cinq campus à travers le pays. L’objectif est de former des athlètes, des chercheurs et des spécialistes en gestion sportive. Bien qu’aucune date officielle d’inauguration ne soit fixée, Cordeiro espère qu’elle pourra ouvrir en 2027.
Cordeiro a également parlé des préparatifs pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, que le Brésil accueillera en 2027. Il a souligné que l’héritage le plus important de cet événement sera la transformation sociale. « Une évolution dans la perception du football masculin et féminin, avec cette perspective de genre, pour faire évoluer le football et inciter les femmes et les filles à participer à des sports qui leur étaient autrefois légalement interdits. »
Cette double approche – contrôle accru des paris et initiatives sportives ambitieuses – vise à naviguer entre les défis et les opportunités qui se présentent à un pays passionné par le sport mais préoccupé par ses impacts socio-économiques et culturels. Les opinions divergent, mais les initiatives en cours peuvent offrir une voie vers un avenir où le sport et les jeux d’argent coexistent de manière plus équilibrée et durable.
