Le 21 mars 2026, le sénateur philippin Joel Villanueva a déposé le projet de loi n° 1983 visant à renforcer la loi de la République n° 9160 pour mieux refléter les méthodes actuelles de blanchiment d’argent. Cette initiative cible particulièrement les entreprises de jeux en ligne et les acteurs de la finance numérique, dans le but de renforcer les défenses du pays contre les cybermenaces et de préserver l’intégrité de son système financier.
Le projet de loi propose d’élargir la portée des lois anti-blanchiment d’argent pour inclure de nouveaux acteurs. Les secteurs concernés comprennent le jeu en ligne, les services de fiducie et d’entreprise, ainsi que les avocats et comptables impliqués dans certaines transactions financières. Les fournisseurs de services d’actifs virtuels sont également visés. Cela signifie que ces entités devront respecter des exigences plus strictes en matière de surveillance des activités et des abus potentiels des clients, particulièrement dans un marché qui repose de plus en plus sur les paiements numériques. Les entreprises de jeux en ligne devront donc être plus vigilantes sur l’utilisation de leurs services, qui ne devrait pas se transformer en une simple formalité.
Le projet de loi de Villanueva ne s’arrête pas à l’élargissement de la liste des entités couvertes. Il propose également de donner au Conseil anti-blanchiment d’argent des outils plus directs pour agir face aux alertes rouges. Si la mesure est approuvée, le conseil pourra ordonner la suspension de transactions, le gel administratif et la délivrance de convocations, ce qui leur permettra d’agir plus rapidement si nécessaire.
Des propositions de simplification des procédures judiciaires sont également avancées pour éviter les retards dans les enquêtes sur les transactions suspectes. De plus, le projet présente des règles plus strictes pour la vérification de l’identité des clients et les rapports, ainsi que des sanctions administratives, conçues non seulement pour cocher des cases de conformité, mais pour aider à détecter et à perturber les flux illicites.
Pour les opérateurs de jeux en ligne et autres acteurs de la finance numérique, le projet de loi n° 1983 annonce un changement vers une surveillance accrue des flux monétaires à travers leurs systèmes. Bien que ce projet soit encore à ses débuts et doive suivre le processus habituel avant approbation, la direction est claire : il s’agit de combler les lacunes créées par l’évolution vers une finance en ligne et de contrer l’adaptation des criminels à ce nouvel environnement. Actuellement, le message de Villanueva est que la loi doit être dotée de moyens efficaces, et que les secteurs tels que le jeu en ligne et les actifs virtuels doivent participer à la propreté de l’environnement.
Après tout, certains pourraient dire que cette démarche est une réponse nécessaire face à l’augmentation des risques associés à la numérisation croissante des transactions financières. Cependant, une autre perspective pourrait souligner les défis et les coûts de mise en conformité que ces nouvelles régulations imposeront aux entreprises, surtout pour les plus petites qui pourraient manquer de ressources pour mettre en œuvre rapidement ces changements. Dans ce contexte, la communauté financière et les opérateurs de jeux en ligne pourraient s’inquiéter du poids des obligations réglementaires croissantes, qui pourraient freiner l’innovation et la croissance dans un secteur en plein essor.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
