Le 23 juillet 2026, Kalshi a sollicité la Cour d’appel du Second Circuit pour obtenir une injonction d’urgence visant à empêcher l’État de New York d’appliquer ses lois sur les jeux de hasard contre l’entreprise. Cette demande survient alors que la procureure générale de New York a accepté de suspendre l’application de la loi seulement jusqu’au 30 juillet. Passé ce délai, Kalshi serait exposée à des sanctions civiles et pénales si l’État poursuit ses actions.
Kalshi a déposé sa requête bien que la juge Analisa Torres du district sud de New York n’ait pas encore statué sur une demande similaire en cours. La société a souligné dans sa motion du 23 juillet que, faute de décision favorable, elle devait se tourner vers la Cour d’appel pour obtenir une solution avant le 30 juillet. « Kalshi a cherché une injonction en attente d’appel au tribunal de district le 15 juillet et a informé le tribunal que, sans soulagement, elle chercherait un recours dans cette Cour le 23 juillet », a déclaré le document.
Auparavant, la juge Torres avait déjà pris position en faveur des régulateurs de l’État dans le différend concernant les contrats sportifs de Kalshi. Plus tôt dans le mois, elle avait rejeté la demande de l’entreprise pour une ordonnance d’interdiction temporaire et une injonction préliminaire, affirmant que New York conservait son autorité sur le jeu même lorsque les contrats étaient listés sur une bourse régulée au niveau fédéral.
Le débat tourne autour de l’affirmation de Kalshi selon laquelle le Commodity Exchange Act conférerait à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) une « juridiction exclusive » sur ses contrats événementiels. Torres n’était pas d’accord, soulignant que la régulation des jeux de hasard a toujours été une question relevant du pouvoir de police des États. Selon elle, le Congrès n’avait pas l’intention de retirer ce rôle aux États. Elle a évoqué la clause de sauvegarde du statut, qui préserve l’autorité de l’État, et une « règle spéciale » qui permet à la CFTC de bloquer les contrats impliquant une activité illégale selon la loi de l’État.
La juge Torres a également abordé les questions d’immunité, en rejetant la Commission des jeux du litige conformément au onzième amendement, mais en permettant aux plaintes contre les commissaires individuels de se poursuivre. Sur le fond, elle a conclu que les lois de New York ne sont pas préemptées et que Kalshi n’a pas réussi à démontrer une forte probabilité de succès.
Dans ce contexte tendu, Kalshi espère que la Cour du Second Circuit interviendra avant le 30 juillet. La situation souligne l’enjeu de taille auquel l’entreprise est confrontée face aux autorités étatiques, notamment dans un marché où les régulations varient considérablement d’un État à l’autre. Le débat reflète une tension plus large entre le contrôle fédéral et le pouvoir étatique dans l’industrie des jeux de hasard, un secteur en pleine expansion aux États-Unis.
Cependant, certains experts estiment que Kalshi pourrait avoir un argument en sa faveur. Ils évoquent le mouvement vers une régulation fédérale plus uniforme, en soulignant que l’approche actuelle, où chaque État a ses propres règles, rend difficile une opération cohérente pour les entreprises comme Kalshi. « Le morcellement du marché pourrait nuire à l’innovation et à la compétitivité », résonne-t-il dans les cercles économiques.
D’un autre côté, les opposants à cette idée soulignent l’importance de conserver le pouvoir décisionnel au niveau de l’État, arguant que cela permet une régulation plus adaptée aux spécificités locales et aux préoccupations des résidents. Pour eux, la décision de la juge Torres réaffirme la souveraineté des États dans des domaines aussi sensibles que les jeux de hasard.
La situation de Kalshi pourrait également influencer d’autres entreprises du secteur, qui observent de près les développements législatifs et judiciaires. Avec l’expansion de l’igaming et des paris sportifs, la question de la régulation continue de soulever des débats intenses aux États-Unis. Les prochaines décisions de la Cour d’appel seront donc suivies avec un vif intérêt par de nombreux acteurs du marché, impatients de voir comment les lois évolueront dans ce paysage en constante mutation.
En fin de compte, l’affaire Kalshi contre l’État de New York pourrait bien devenir un cas de référence dans l’industrie des jeux de hasard, marquant potentiellement un tournant dans la manière dont la régulation est envisagée entre les différents niveaux de gouvernement. Alors que le 30 juillet approche, l’urgence de trouver une solution pragmatique et équitable pour toutes les parties prenantes reste plus pressante que jamais.
