La Cour Suprême Fédérale du Brésil a rendu une décision provisoire majeure concernant la constitutionnalité des comptes de paris en ligne détenus par les bénéficiaires de l’aide sociale. Le juge Luiz Fux, rapporteur de l’Action Directe d’Inconstitutionnalité (ADI) 7,721, a partiellement accordé l’appel de précaution à l’Association Nationale des Jeux et Loteries (ANJL), suspendant ainsi les obligations opérationnelles imposées aux agents de pari.
Cette suspension annoncée en décembre met en pause le blocage obligatoire et la fermeture forcée des comptes actifs existants liés aux bénéficiaires de programmes tels que Bolsa Família et le Bénéfice de Prestations Continuelles (BPC). Cette mesure reste en vigueur jusqu’à la date de l’audience de conciliation prévue pour le 10 février 2026.
À partir du 1er décembre jusqu’au 19 décembre, les personnes dont les comptes avaient été bloqués peuvent désormais voir cette restriction levée et ont la possibilité de s’inscrire à nouveau sur les sites de pari. Ce revirement est notable étant donné la mesure initiale qui imposait le blocage des comptes des bénéficiaires des programmes sociaux.
Cependant, la décision ne supprime pas entièrement les limitations existantes. L’interdiction de l’inscription ou de la création de nouveaux comptes par les bénéficiaires de Bolsa Família et BPC demeure en vigueur selon les règles fixées par l’Instruction Normative No. 22/2025, publiée par le Secrétariat des Primes et Paris du Ministère des Finances (SPA-MF).
Le juge Fux a clairement défini la portée de cette décision : « Je concède partiellement la mesure de précaution demandée afin que, dans l’attente de l’audience de conciliation programmée, l’efficacité des obligations opérationnelles qui requièrent le blocage et la fermeture forcée des comptes opérationnels déjà en fonctionnement soit suspendue, tandis que l’interdiction existante d’enregistrements ou de nouveaux comptes demeurera en place. »
Contexte Juridique et Rôle de l’ADI 7,721
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une affaire plus large impliquant l’ADI No. 7,721, où la constitutionnalité des restrictions d’accès des bénéficiaires des programmes sociaux aux sites de paris est mise en question. Au cœur du litige se trouve la question de savoir dans quelle mesure les agences de réglementation ont outrepassé les limites établies par les précédents jugements du STF en matière de fonds d’assistance sociale utilisés pour les paris et l’interdiction générale des bénéficiaires.
L’ANJL a avancé que les exigences opérationnelles allaient au-delà de l’intention originale de la Cour, créant des effets disproportionnés et une incertitude opérationnelle pour les opérateurs agréés. Selon l’association, le blocage automatique des comptes existants soulevait des préoccupations juridiques, techniques et contractuelles au sein du marché réglementé.
Audience de Conciliation Avancée
Un autre élément significatif de l’affaire est le fait que l’audience de conciliation a été avancée. Initialement prévue pour le 17 février 2026, la nouvelle date de la réunion est fixée au 10 février 2026. L’objectif attendu de l’audience de conciliation est d’analyser les modalités d’application de la mesure de précaution et de rechercher une solution équitable entre le devoir réglementaire et les valeurs constitutionnelles.
Lors de cette audience, il est prévu de discuter des moyens d’assurer le respect de la décision de la Cour, tout en préservant les principes de légalité, de liberté économique et de proportionnalité, entre le gouvernement, les institutions réglementaires et la société civile.
Implications pour le Marché Réglementé des Paris
Pour les opérateurs de paris, cette décision représente un sursis puisqu’elle suspend la fermeture obligatoire des comptes déjà mise en œuvre. Cependant, elle montre aussi un certain conservatisme réglementaire en maintenant les restrictions sur l’ouverture de nouveaux comptes.
L’ANJL a indiqué qu’elle continuera à jouer un rôle institutionnel et technique dans la défense du marché réglementé et tiendra ses entreprises membres informées de tout développement. L’association estime que cette décision présente une opportunité de définir ces frontières et d’aligner ces mécanismes avec les normes du système constitutionnel.
Avec le développement du marché réglementé des jeux d’argent au Brésil, le résultat de l’audience de conciliation prévue pour février 2026 jouera un rôle significatif dans l’influence des actions futures d’application, notamment concernant les bénéficiaires de l’aide sociale dans les points de jeu.
Cette décision a suscité des réactions variées. Certains experts estiment qu’elle protège les droits des bénéficiaires d’assistance sociale, tandis que d’autres soulignent que les risques associés aux jeux d’argent pour ces individus restent une préoccupation. Le débat se poursuit quant à savoir si les restrictions actuelles doivent être considérées comme une protection nécessaire ou une limitation injustifiée de la liberté économique.
Dans l’ensemble, cette décision de la Cour Suprême est un pas important vers la clarification des réglementations régissant l’interaction entre les bénéficiaires d’aides sociales et les plateformes de paris. C’est aussi une illustration des défis auxquels sont confrontées les autorités lorsqu’elles tentent de concilier la protection sociale avec la liberté économique dans un secteur en pleine expansion.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
