Le Conseil Municipal de Cuiabá Révoque la Loi sur la Loterie Municipale

Le Conseil municipal de Cuiabá a approuvé un projet législatif visant à révoquer complètement la Loi municipale n° 6.872 du 28 octobre 2022, qui avait créé le Service public de loterie dans la ville. Cette décision a été prise après une réunion extraordinaire conjointe en ligne qui s’est tenue le jeudi 19 février. Le projet législatif, déposé sous le numéro de processus 6068/2026, est une initiative de l’Exécutif de la ville. En révoquant intégralement la législation de 2022, la ville renonce au projet de créer son propre service de loterie.

Le projet a été analysé par deux commissions législatives internes : la Commission de la Constitution, de la Justice et de la Rédaction (CCJR) et la Commission de la Sécurité sociale et de l’Administration publique (CPAP). Les deux commissions ont émis des avis positifs sur le projet. Celui-ci sera maintenant soumis à une discussion en plénière, conformément aux procédures législatives du Conseil municipal.

Alignement avec la Suspension de la Cour Suprême

La révocation de la législation s’inscrit dans un développement judiciaire plus large au niveau fédéral. Le 4 décembre 2025, le juge Nunes Marques du Supremo Tribunal Federal (STF) a ordonné la suspension de toutes les lois et décrets municipaux qui créent, autorisent ou régulent les loteries et les paris sportifs au niveau municipal dans tout le pays. En plus de la suspension des nouvelles lois et décrets, la décision a également ordonné la suspension immédiate de toutes les activités liées à l’exploitation des services de loterie dans le pays.

Cette suspension a été ordonnée dans le cadre de l’Arguição de Descumprimento de Preceito Fundamental 1212 (ADPF 1212), déposée par le parti politique Solidariedade. Le parti a affirmé que l’existence de loteries municipales violait le pouvoir constitutionnel exclusif de l’Union de légiférer sur les consortiums et les tirages au sort.

Compétence Constitutionnelle et Préoccupations Réglementaires

Dans sa décision, le juge Nunes Marques a clairement déclaré que les municipalités ne possèdent pas la compétence constitutionnelle pour réglementer les services de loterie. Selon lui, l’autorité locale ne s’applique pas à la régulation des jeux de hasard, notamment lorsqu’ils ont une signification économique et réglementaire nationale. Il a également précisé que les opérations de loterie ne ciblent pas les besoins immédiats des citoyens et autorités locales. Le juge a averti qu’une approche décentralisée et fragmentée conduirait à « un vidage drastique du contrôle fédéral, » ce qui rendrait difficile la standardisation des facteurs réglementaires, de la publicité et de la protection des consommateurs et de la santé publique.

Les conséquences financières sont sévères pour ceux qui ne respecteraient pas la décision. Les municipalités et les entreprises qui continueraient à exploiter des services de loterie seront condamnées à une amende de 500 000 R$ chaque jour. De plus, les maires et les présidents des entreprises accréditées seront personnellement condamnés à une amende de 50 000 R$ chaque jour s’ils continuent à exploiter des services de loterie en défiant la décision.

Implications Plus Larges pour les Initiatives Municipales

La décision de Cuiabá d’annuler sa loi sur la loterie est le signe d’une nouvelle tendance parmi les municipalités à revoir leurs lois en réponse à l’intervention judiciaire fédérale. Le jugement du STF indique clairement que la réglementation des loteries reste dans le domaine fédéral, renforçant ainsi le contrôle centralisé dans l’industrie du jeu au Brésil. Alors que l’affaire évolue, les municipalités qui avaient des projets ou qui avaient déjà mis en œuvre leurs propres systèmes de loterie pourraient devoir repenser leur approche juridique pour se conformer aux dispositions constitutionnelles et au contrôle fédéral.

Cette dynamique de centralisation suscite également des inquiétudes parmi certains dirigeants municipaux, qui estiment que leurs initiatives locales sont étouffées par des décisions fédérales. « Bien que la réglementation centralisée assure une certaine uniformité, » pensent-ils, « elle limite aussi la capacité des municipalités à innover et à répondre aux besoins spécifiques de leurs populations. » Cependant, d’autres soutiennent que cette uniformité est essentielle pour garantir une approche cohérente et équitable à travers le pays, évitant ainsi des disparités qui pourraient surgir d’une régulation locale inégale.

D’un autre côté, les opposants à la centralisation voient cette tendance comme un frein au développement économique local. Ils soulignent que les loteries municipales pourraient générer des revenus importants pour investir dans les infrastructures locales et les services sociaux, mais que sans autonomie locale, ces opportunités de développement sont perdues. Néanmoins, le consensus semble s’orienter vers un respect du cadre constitutionnel, en reconnaissant les compétences fédérales dans ce domaine.

En conclusion, la révocation de la loi sur la loterie à Cuiabá et l’évolution du contexte réglementaire au Brésil mettent en lumière les tensions entre centralisation et autonomie locale. Alors que certains plaident pour une régulation nationale uniforme, d’autres regrettent le potentiel économique inexploité des initiatives municipales. Ce débat pourrait bien influencer la législation future et le cadre réglementaire des jeux d’argent au Brésil dans les années à venir.

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