En mai 2026, un rapport de H2 Gambling Capital a révélé une augmentation spectaculaire du marché illégal des jeux d’argent en Grande-Bretagne, atteignant des mises de 16,6 milliards de livres sterling. Partagé par le Betting and Gaming Council (BGC), ce rapport montre que le marché noir a plus que triplé depuis 2019 et a doublé rien que ces deux dernières années.
La montée en puissance des paris offshore est devenue plus agressive et plus visible, tandis que moins de paris sont placés sur des sites réglementés. La part des jeux d’argent légaux est passée de 97% en 2019 à 92% en 2025. Le BGC alerte sur le fait que cette augmentation n’est pas seulement une question d’argent, mais aussi de sécurité, puisque les opérateurs non licenciés ne paient pas de taxes et n’offrent aucune des protections requises pour les entreprises licenciées.
Taxes plus élevées et règles plus strictes liées à la montée du marché noir
La recherche de H2 Gambling Capital a montré que les paris offshore ont augmenté d’environ 5 milliards de livres en 2019 à 16,6 milliards de livres en 2025. L’augmentation la plus forte a eu lieu entre 2023 et 2025, lorsque tant les mises que les bénéfices des opérateurs ont doublé.
Une analyse séparée de WARC montre que les opérateurs illégaux représentent désormais près de la moitié de toutes les dépenses publicitaires des jeux d’argent au Royaume-Uni, et cette part devrait devenir majoritaire d’ici deux ans. Cette montée est liée à des taxes plus élevées, des règles plus strictes et de nouvelles propositions pour des contrôles de risques financiers qui rendent le marché réglementé moins compétitif. Les opérateurs illégaux en ont profité, devenant plus visibles en ligne et plus agressifs pour atteindre les clients.
La directrice générale du BGC, Grainne Hurst, a déclaré que ce que l’on observe est un marché noir nuisible qui prend de l’ampleur à un rythme rapide. Les opérateurs illégaux deviennent plus sophistiqués, plus visibles et plus agressifs dans leur manière d’atteindre les clients britanniques. Cela devrait inquiéter quiconque se soucie de la protection des consommateurs. Le BGC met également en garde que si le secteur réglementé devient plus difficile à utiliser, les clients ne cesseront pas de parier mais se tourneront vers des sites non sûrs.
Comme Hurst l’a expliqué, le choix pour les décideurs politiques est clair : si le secteur réglementé devient plus difficile à utiliser ou moins compétitif, les clients ne cesseront pas de parier, ils iront simplement ailleurs. Elle a ajouté que les évaluations des risques financiers doivent être « véritablement sans friction ou ne pas être introduites du tout – car toute autre chose poussera les clients en dehors du marché réglementé ».
Le conseil souligne que les efforts pour réduire les dommages doivent être soigneusement équilibrés pour éviter de renforcer le marché illégal et de ruiner une industrie qui rapporte 4 milliards de livres en taxes chaque année au Royaume-Uni.
Cependant, certains experts soulignent que la véritable solution pourrait résider dans une régulation plus intelligente plutôt que plus stricte. Selon eux, une simplification des règles tout en garantissant la protection des consommateurs pourrait rediriger les parieurs vers des opérateurs légaux. Un expert du secteur a fait remarquer que rendre le marché légal plus attractif pourrait être la clé pour inverser la tendance, en abordant non seulement la fiscalité mais aussi les aspects de l’expérience utilisateur pour concurrencer les offres illégales.
Le débat reste ouvert sur la meilleure façon de combattre l’essor du marché noir des jeux d’argent, mais une chose est certaine : la réponse doit être nuancée pour protéger à la fois les consommateurs et l’économie.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
