Le 20 novembre 2025, le gouvernement du Ghana a dévoilé une initiative audacieuse visant à transformer le marché croissant des paris et des jeux en une source de financement durable pour le sport national. En introduisant un Fonds National des Sports, le pays espère sécuriser des ressources financières stables pour ses athlètes et infrastructures sportives sans imposer de nouvelles taxes aux citoyens.
Le modèle repose essentiellement sur la redirection des revenus existants du secteur des paris et des loteries du Ghana vers le développement sportif. Le projet de loi relatif au Fonds des Sports détaille quatorze canaux de revenus possibles, incluant les contributions des opérateurs de paris sportifs, les loteries sportives, les contrats de sponsoring, les frais de transfert d’athlètes, les recettes des portes, les frais de certification, les paiements des fournisseurs, les allocations parlementaires, les subventions et les dons.
Parmi ces canaux, les revenus des paris, générés par des opérateurs majeurs tels que betPawa et SportyBet, sont essentiels. Le marché des paris au Ghana s’est rapidement développé ces dernières années, et le gouvernement espère transformer cette croissance en une source de soutien stable pour le sport. Le ministre Felix Kwakye Ofosu a souligné qu’aucune nouvelle taxe ne serait imposée aux citoyens. Au lieu de cela, le plan utilisera l’argent que le marché génère déjà à travers les activités de paris et de produits de jeux liés au sport. Le Cabinet a déjà approuvé la proposition de création d’un Fonds de Développement Sportif.
Cette stratégie permet au gouvernement de collecter des fonds fiables de l’écosystème des jeux tout en évitant d’imposer de nouvelles charges aux individus. Elle s’aligne également avec la décision prise plus tôt en 2025 de supprimer la taxe de dix pour cent sur les gains de paris, ouvrant ainsi la voie à l’utilisation des revenus liés aux paris pour financer des programmes sportifs.
L’objectif est de résoudre les défis de longue date liés au soutien aux athlètes, à l’infrastructure et au financement des compétitions. Depuis des années, de nombreux programmes sportifs nationaux au Ghana font face à un financement inconstant. Les équipes luttent souvent avec les coûts d’entraînement, les dépenses de voyage et les mises à niveau des installations. Le nouveau Fonds vise à réduire cette incertitude en établissant un fonds dédié lié à des sources prévisibles telles que l’activité de paris et les parrainages.
Si elle est approuvée, l’initiative financera le développement des athlètes d’élite, les programmes pour les jeunes et les niveaux amateurs, la construction et l’entretien des installations, les compétitions nationales et la participation internationale, ainsi que le soutien scientifique et médical au sport. La structure est conçue pour garantir que le succès du marché des paris renforce directement le système sportif national. Elle introduit également des règles plus claires concernant la collecte, le contrôle et la distribution des fonds.
L’approche du Ghana pourrait signaler un changement dans la manière dont les pays africains envisagent les revenus des paris à l’avenir. Si le Parlement approuve le projet, le Ghana deviendra l’un des premiers pays africains à lier formellement les revenus du jeu au développement sportif via un mécanisme national. Alors que de nombreux pays permettent aux opérateurs de paris de sponsoriser des équipes sportives, le modèle ghanéen vise à aller plus loin, en créant un lien soutenu et juridiquement défini entre l’activité de jeu et les résultats sportifs nationaux.
Pour le gouvernement, cette démarche représente un moyen de stabiliser le financement. Pour l’industrie du jeu, elle introduit une finalité sociale liée à ses opérations. Et pour le secteur sportif, elle offre l’opportunité de briser les cycles de sous-financement persistants.
Toutefois, la réussite de ce plan dépendra de la robustesse continue des flux de revenus prévus. Le marché des paris au Ghana continue de croître, porté par la pénétration mobile, l’intérêt des jeunes et l’activité compétitive des opérateurs. Alors que le Fonds se prépare pour début 2026, la question clé sera de savoir si ces tendances se maintiendront et si les contributions prévues répondront aux besoins d’une industrie sportive en plein essor.
Si le marché continue à se développer, le Ghana pourrait créer un modèle que d’autres pays envisageraient d’adopter. Si le marché ralentit ou change, le Fonds pourrait avoir besoin de nouvelles approches pour rester durable. Serait-ce la solution à long terme que le Ghana attend pour connecter les revenus des paris sportifs et le développement national du sport ? Seul le temps nous le dira, mais pour l’instant, le pays est prêt à tenter cette transformation ambitieuse.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
