Le Président Bola Tinubu a fermement rejeté le projet de loi sur le jeu centralisé, qui avait été récemment adopté par l’Assemblée nationale. Lors d’une réunion du Comité exécutif national de l’APC à Abuja, il a souligné que son rôle en tant que « démocrate constitutionnel » était de respecter les limites de l’autorité fédérale et de maintenir les frontières établies par la loi.
Adopté le 2 décembre, le projet de loi visait à conférer au gouvernement fédéral le pouvoir de réguler les loteries et les jeux à travers tous les États et le Territoire de la Capitale Fédérale, une initiative qui a rapidement suscité l’opposition. L’Avocat général de l’État de Lagos, représenté par Wole Olanipekun, SAN, a écrit à l’Avocat général de la Fédération, Prince Lateef Fagbemi, avertissant que la signature du projet de loi ignorerait une décision de la Cour suprême. L’année précédente, la plus haute cour du pays avait déjà invalidé la Loi nationale sur les loteries, déclarant que les loteries et les jeux échappaient aux pouvoirs législatifs de l’Assemblée nationale.
Le Président Tinubu a clarifié sa position : « Ce que je veux que vous compreniez, c’est que la loterie centralisée n’est pas possible, relisez la constitution. C’est une affaire résiduelle, » ajoutant que ces matières relèvent exclusivement de la compétence législative des États. Il a insisté qu’il n’apposerait pas sa signature sur un tel projet de loi, renforçant ainsi la compétence des États en matière de réglementation de jeux et de loteries.
L’approbation du Président Tinubu par les figures judiciaires et politiques a été immédiate. Wole Olanipekun a salué la décision du président, affirmant qu’il ne s’attendait à rien de moins après l’engagement de ne pas signer le projet de loi sur la loterie. Selon le journal THISDAY, il a indiqué que le refus de donner son assentiment démontre un respect pour la Cour suprême et la constitution.
Olanipekun a argumenté que l’Assemblée nationale n’aurait pas dû tenter de ressusciter une loi fédérale sur la loterie déjà annulée par la cour. La décision du président, selon lui, est un exemple de démocratie constitutionnelle en action. Il a également félicité l’Avocat général de la Fédération pour sa fidélité à la constitution et a noté que le président a pris acte de conseils judicieux en refusant d’approuver le projet de loi.
Cette décision du Président Tinubu s’inscrit dans un contexte de débat plus large concernant la décentralisation du pouvoir au Nigeria, où les États cherchent à renforcer leur autonomie face à un gouvernement fédéral souvent perçu comme trop dominateur. « Il est essentiel que nous respections les décisions judiciaires et que nous n’empiétions pas sur les droits des États, » pensait-on dans les couloirs du pouvoir, soulignant l’importance de l’État de droit dans la gouvernance.
Cependant, certains analystes expriment une perspective différente, notant que la centralisation pourrait offrir une régulation plus cohérente et structurelle des jeux de hasard, potentiellement bénéfique pour l’économie nigériane. Ceux-ci mettent en avant que la fragmentation de la régulation pourrait compliquer l’application des lois et la lutte contre les activités illégales dans le secteur. Ils soutiennent que les recettes fiscales générées pourraient être mieux gérées à un niveau centralisé, une opinion qui trouve peu de soutien parmi les défenseurs de la décentralisation.
D’un point de vue économique, le secteur des jeux et des loteries au Nigeria est en plein essor et représente une source importante de revenus pour de nombreux États. Le refus de centraliser ce secteur avive les discussions sur l’équilibre entre les revenus fédéraux et étatiques, un sujet crucial dans un pays aux ressources économiques inégalement réparties. Les États, en contrôlant leur propre législation sur les jeux, peuvent adapter les règlements à leurs besoins locaux, une flexibilité que beaucoup estiment essentielle au développement régional.
En conclusion, la décision du Président Tinubu de bloquer le contrôle fédéral des loteries et des jeux souligne une fois de plus la dynamique complexe entre le pouvoir centralisé et le pouvoir des États au Nigeria. La question reste ouverte sur la meilleure approche pour superviser un secteur aussi lucratif et en pleine expansion. Alors que les discussions continuent, les yeux restent rivés sur les évolutions futures du cadre législatif des jeux au Nigeria, un domaine crucial à la fois pour son potentiel économique et pour les implications politiques qu’il porte.
