En juin 2026, l’industrie des jeux d’argent en ligne et des paris au Pérou prévoit de contester la constitutionnalité de la Taxe de Consommation Sélective (ISC) du pays. Cette démarche fait suite à la certification par le Jury National des Élections (JNE) de la validité des 5 000 signatures nécessaires pour déposer une action constitutionnelle devant la Cour constitutionnelle.
Cette contestation cible l’ISC imposée par le Décret Législatif No. 1644, signé par la Présidente Dina Boluarte. Plusieurs experts en droit constitutionnel et fiscal estiment que cette taxe pourrait ne pas satisfaire toutes les exigences légales, ce qui la rendrait potentiellement inconstitutionnelle.
Inquiétudes sur l’augmentation des obligations fiscales sur le marché régulé
Les entreprises de paris en ligne licenciées au Pérou doivent s’acquitter d’une taxe sur les jeux de 12 % et d’une ISC de 1 % sur chaque pari. Il est estimé que, selon cette structure fiscale, l’obligation fiscale réelle pourrait dépasser 50 % des recettes brutes des jeux (GGR), selon les conditions dans lesquelles les entreprises imposées opèrent.
Les chiffres officiels de l’industrie montrent déjà les effets de cette fiscalité. Entre 2025 et 2026, 40 entreprises de paris licenciées ont quitté le marché péruvien, et environ 1 500 points de vente de paris ont fermé. Le déclin est également visible dans les parrainages sportifs : de 18 équipes professionnelles de football sponsorisées en 2024, seules 5 le sont encore en 2026.
Une taxation excessive favorise les plateformes de jeu illégales
Les représentants de l’industrie soulignent qu’avec l’imposition d’une telle obligation fiscale, la tendance des joueurs à utiliser des plateformes offshore illégales est en augmentation. Ces plateformes, moins réglementées, ne sont pas tenues de payer le même montant de taxes et peuvent ainsi offrir des cotes et des paiements compétitifs.
Les législateurs devraient examiner d’éventuelles modifications au Décret Législatif No. 1644 afin d’augmenter la sécurité juridique tout en préservant les revenus perçus de la taxe et en luttant contre le jeu illégal. Le processus d’examen se déroulera au Congrès péruvien, où les législateurs auront la possibilité de façonner l’avenir du cadre de réglementation de la taxation des paris dans le pays.
Un précédent de la Cour constitutionnelle pourrait influencer l’issue de l’affaire
De plus, certains experts juridiques ont attiré l’attention sur une affaire précédente concernant la fiscalité dans l’industrie du jeu au Pérou. L’affaire No. 009-2001-AI/TC de la Cour constitutionnelle avait déclaré certaines des dispositions fiscales pour les casinos et les opérateurs de machines à sous inconstitutionnelles.
À la suite de cette décision, des changements avaient été apportés aux obligations fiscales et une compensation avait été fournie à ceux qui avaient payé sous le régime invalide. Les spécialistes juridiques pensent que cette affaire précédente pourrait s’avérer importante si la Cour constitutionnelle décide d’accepter la nouvelle contestation de l’ISC.
Le résultat de l’action constitutionnelle et le débat au Congrès influenceront l’avenir du marché régulé des paris au Pérou. D’un côté, les opérateurs espèrent une révision qui allégerait leurs charges fiscales, permettant ainsi à l’industrie légale de prospérer. De l’autre, certains économistes invoquent la nécessité de maintenir les revenus fiscaux pour financer des projets publics essentiels, craignant qu’une réduction de la taxe ne profite qu’aux grandes entreprises au détriment des ressources nationales.
Quoi qu’il en soit, le débat promet d’être intense et révèle les tensions entre la nécessité de réguler efficacement tout en encourageant un marché équitable pour tous les acteurs. Un représentant du secteur aurait déclaré qu’il était grand temps pour le gouvernement d’écouter ceux qui génèrent des emplois et des ressources pour le pays, plutôt que d’alourdir un fardeau fiscal déjà suffocant.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
