Répression du Jeu en Géorgie: 1,58 Million de Citoyens sur le Registre d’Exclusion

Au 31 décembre 2025, le Service des Revenus de la Géorgie a enregistré 1 577 247 citoyens sur le registre national d’exclusion des jeux, marquant ainsi l’achèvement d’une vaste campagne de fin d’année alors que le gouvernement continue de restreindre la participation aux jeux de hasard sur le territoire national. Ce registre, créé dans le cadre de la législation géorgienne sur les loteries et les jeux de hasard, s’applique aux citoyens géorgiens et est géré par le Service des Revenus. Ce dernier est également chargé de la gestion de la base de données associée, qui recense les personnes identifiées comme souffrant d’une addiction au jeu.

Le Service des Revenus distingue les interdictions générales des inscriptions formelles au « registre des addictions ». Entre le 1er mars 2022 et début janvier 2026, 36 115 personnes ont été ajoutées à la base de données des individus ayant une addiction au jeu, dont 36 053 à leur propre demande et 62 par décision de justice, selon le rapport du Service des Revenus relayé par SBC Eurasia.

Les règles géorgiennes vont au-delà de l’auto-exclusion. Depuis 2022, le pays a mis en œuvre des interdictions pour les citoyens de moins de 25 ans, les fonctionnaires et les personnes ayant un statut de « vulnérabilité sociale », a précisé la mise à jour du Service des Revenus.

Cette politique actuelle de la Géorgie résulte de plusieurs années de réflexion. Fin 2021, l’alors Premier ministre Irakli Garibashvili avait présenté un ensemble de mesures plus strictes, comprenant une interdiction pour les citoyens géorgiens de moins de 25 ans et des règles de publicité plus rigoureuses. Les rapports indiquent que Garibashvili avait déclaré lors d’une session gouvernementale que le pays prohiberait les publicités de jeux d’argent à la télévision, sur les sites internet et dans les espaces extérieurs, et que le plan inclurait également l’élévation de l’âge légal pour jouer à 25 ans pour les citoyens géorgiens, tout en précisant que cette restriction d’âge ne s’appliquerait pas aux ressortissants étrangers.

Le ministre des Finances, Lasha Khutsishvili, a également décrit les restrictions concernant plusieurs catégories, dont les personnes socialement vulnérables, les fonctionnaires, ceux demandant une auto-restriction via le Service des Revenus, et ceux inscrits par décision judiciaire.

Dans un contexte où les gouvernements du monde entier cherchent de plus en plus à limiter l’accès aux jeux de hasard pour protéger les populations vulnérables, la Géorgie se distingue par son approche rigoureuse et ses réglementations strictes. « Il est impératif de protéger notre jeunesse et nos familles des méfaits du jeu excessif », semble être la pensée directrice derrière ces politiques. Un autre aspect crucial de cette stratégie est la réduction des impacts économiques et sociaux négatifs liés à l’addiction au jeu.

Cependant, cette position n’est pas sans susciter des critiques. Certains opposants arguent que ces mesures pourraient nuire à l’industrie du jeu qui, bien régulée, peut apporter des bénéfices économiques considérables. Ils soulignent que le secteur du jeu peut créer des centaines d’emplois et générer des revenus fiscaux significatifs pour le pays. En outre, il y a des préoccupations quant à l’impact de ces restrictions sur le tourisme, une source vitale de revenus pour la Géorgie. Les visiteurs étrangers, non soumis aux mêmes restrictions d’âge, pourraient être dissuadés de visiter le pays si les offres de jeu étaient perçues comme trop limitées.

D’un autre côté, les défenseurs des nouvelles règles affirment que les gains économiques à court terme ne devraient pas l’emporter sur les conséquences à long terme d’une population vulnérable aux méfaits du jeu. Ils estiment que la priorité devrait être donnée à la santé publique et au bien-être des citoyens, affirmant que la prévention des problèmes liés au jeu pourrait, à terme, réduire les coûts sociaux et améliorer la qualité de vie générale.

Alors que la Géorgie continue de progresser sur cette voie de réglementation stricte, il sera intéressant de voir comment ces politiques influenceront le secteur du jeu dans le pays et si elles serviront de modèle à d’autres nations confrontées à des défis similaires. Le débat entre les partisans d’une réglementation stricte et ceux qui prônent une approche plus libérale reflète une discussion plus large sur l’équilibre entre régulation et liberté individuelle dans un monde de plus en plus tourné vers la responsabilité sociale.

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