En mars 2026, les législateurs du Maine ont avancé une mesure visant à interdire l’utilisation des cartes de crédit dans les paris sportifs et le jeu en ligne, envoyant ainsi le projet de loi au gouverneur Janet Mills pour approbation finale. Cette proposition, initialement introduite en janvier par le représentant Marc Malon comme une mesure de protection des consommateurs centrée sur les paris sportifs, a été élargie par des amendements en commission pour inclure également le secteur du jeu en ligne, ou iGaming.
Le texte du projet de loi stipule que les opérateurs et leurs partenaires de services de gestion doivent rejeter toute mise placée avec des cartes de crédit, que ce soit aux kiosques, sur les applications mobiles ou via les plateformes numériques. Cette initiative coïncide avec la préparation du Maine pour le lancement de son marché iGaming récemment approuvé, tout en débatant d’autres projets de lois liés au jeu, y compris un qui interdirait les casinos de type loterie, toujours en cours de discussion au sein de la législature.
Que dit le projet de loi LD2080 ? Le projet de loi précise que l’interdiction s’applique sans exception. Les opérateurs autorisés à gérer les paris sportifs ou le jeu sur Internet, ainsi que leurs fournisseurs de services de gestion, ne peuvent accepter les paris effectués avec des cartes de crédit. Cela couvre les locaux physiques, les kiosques en libre-service, les applications mobiles et les plateformes numériques. La proposition impose des systèmes pour vérifier l’identité et l’âge de chaque parieur, confirmer que la personne se trouve physiquement dans le Maine et garantir qu’aucune personne interdite par la législation en vigueur ne puisse placer un pari. Si un pari est découvert avoir été placé par une personne interdite de jeu, l’opérateur doit le rembourser.
Au-delà de l’interdiction des cartes de crédit, la législation met l’accent sur la sécurité des consommateurs et le jeu responsable. Les opérateurs doivent afficher des informations sur les ressources disponibles pour les joueurs à problèmes et promouvoir la responsabilité sociale sur leurs plateformes. La loi établit également des normes minimales de conception et de sécurité pour les installations physiques et les systèmes en ligne. Ces normes incluent des vérifications strictes de l’identité, la vérification de la localisation et des mesures de protection contre les paris par des mineurs. L’application de la loi dépendra de l’unité de contrôle des jeux d’argent au sein du Département de la sécurité publique, qui doit s’assurer que les opérateurs respectent les nouvelles règles.
Une tendance plus large Si le gouverneur Mills signe le LD2080, le Maine rejoindra le Massachusetts, le Vermont, l’Illinois, le Tennessee et le New Hampshire dans la liste croissante des États interdisant l’utilisation des cartes de crédit dans les paris en ligne. La Virginie est également à une signature de gouverneur de l’adoption d’une loi qui interdirait ce mode de paiement dans les paris sportifs. De grands opérateurs modifient également leurs politiques à l’échelle nationale. DraftKings a cessé d’accepter les paiements par carte de crédit en août dernier, et FanDuel a suivi cet exemple en février avec une interdiction dans ses produits de paris sportifs, de casino et de courses.
Cependant, certains critiques soutiennent que l’interdiction des cartes de crédit pourrait conduire à des conséquences imprévues, comme l’utilisation accrue d’autres formes de crédit non réglementées, ce qui pourrait aggraver les problèmes d’endettement chez certains joueurs. « Il faut envisager des solutions qui ne se contentent pas de déplacer le problème », disent-ils, soulignant la nécessité d’une approche plus holistique. D’autres soulignent qu’une telle interdiction pourrait inciter les joueurs à se tourner vers des opérateurs non régulés, hors du cadre légal, où les protections et les ressources pour les consommateurs sont souvent absentes.
En conclusion, le Maine est à un tournant décisif dans sa gestion des paris en ligne et des jeux d’argent, cherchant un équilibre entre la protection des consommateurs et le soutien à une industrie en pleine croissance. Si cette législation est signée, elle pourrait façonner le futur des régulations du jeu dans l’État et servir de modèle à d’autres juridictions. Le débat reste ouvert sur l’impact économique potentiel et la manière dont les opérateurs s’adapteront à ces nouvelles règles.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
