La Commission européenne propose une taxe sur les jeux de hasard en ligne pour générer 1,9 milliard d’euros par an

En mai 2026, la Commission européenne a proposé une nouvelle taxe sur les jeux de hasard en ligne dans le cadre d’un plan visant à générer de nouveaux revenus pour le prochain budget septennal de l’Union européenne. Selon un document partagé avec les gouvernements nationaux et le Parlement européen, cette mesure pourrait rapporter 1,9 milliard d’euros par an et contribuer à un ensemble de taxes susceptibles de générer jusqu’à 13,3 milliards d’euros entre 2028 et 2034.

Cette proposition est accompagnée d’autres taxes potentielles sur les transactions de cryptomonnaies et les entreprises numériques, illustrant la quête de Bruxelles pour diversifier les sources de financement du budget commun de l’UE. Cela survient aussi après plusieurs mois de blocage concernant le paquet de revenus initial de la Commission. Les législateurs du Parlement européen ont ravivé le projet, suggérant que les jeux de hasard, la crypto et les géants du numérique devraient tous contribuer aux finances du bloc.

Cependant, la proposition rencontrera des obstacles. Outre la taxe sur les jeux de hasard, la Commission a envisagé d’autres prélèvements qui pourraient rapporter des milliards d’euros, mais chacun présente ses propres défis. Par exemple, une taxe de 3 % sur les grandes entreprises numériques est estimée à 5 milliards d’euros par an, mais l’essentiel de la charge pèserait sur les entreprises américaines, suscitant des craintes de représailles de la part des États-Unis.

La taxe sur les jeux de hasard en elle-même, fixée à 3 % du chiffre d’affaires net, pourrait générer 1,9 milliard d’euros par an. Pourtant, Malte devrait s’y opposer fermement, étant donné l’importance des paris pour son économie. Parallèlement, une taxe de 0,1 % sur les transactions de crypto pourrait rapporter entre 3 et 4 milliards d’euros par an, tandis qu’une taxe sur les plus-values pourrait ajouter entre 1 et 2,4 milliards d’euros.

Ces propositions ajoutent de la complexité aux discussions budgétaires déjà tendues. Chypre, qui préside actuellement le Conseil, se prépare à présenter des chiffres et des allocations révisés autour du 10 juin. Mais avec les ressources propres de l’UE nécessitant l’approbation unanime des 27 gouvernements, la voie promet d’être difficile.

Les enjeux sont importants, car ce paquet est censé aider à financer près de 2 000 milliards d’euros de dépenses de 2028 à 2034, y compris les remboursements liés au programme de dettes post-COVID du bloc. « Nous devons trouver des moyens innovants pour financer notre avenir commun », semble-t-on dire à Bruxelles.

D’un autre côté, certains critiques estiment que ces nouvelles taxes pourraient nuire à la compétitivité de l’Europe sur la scène mondiale. L’idée que les entreprises numériques, les plateformes de jeux en ligne et les transactions de cryptomonnaies soient davantage taxées pourrait rendre l’Europe moins attractive pour l’investissement international. « Comment attirer de nouveaux acteurs économiques si les charges fiscales augmentent sans cesse ? » se demandent certains analystes du marché.

Ce débat souligne les tensions intrinsèques entre la nécessité de financer des projets ambitieux et le maintien d’un climat économique favorable. Toutefois, pour la Commission européenne, il s’agit d’un passage obligé pour garantir la stabilité financière à long terme de l’Union. La clé du succès réside dans l’équilibre entre la collecte de fonds nécessaires et la protection de l’attractivité économique de la région.

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