Les Joueurs de Football Brésiliens Obtiennent des Ordonnances Judiciaires Contre l’Utilisation de Leurs Noms sur les Marchés de Paris

En juillet 2026, plusieurs joueurs de football brésiliens ont obtenu des ordonnances judiciaires temporaires interdisant aux opérateurs de paris d’utiliser leurs noms et images sur des marchés de paris personnalisés. Ce dossier, qui concerne des athlètes évoluant dans les clubs de la Série B et de la Série D du Brésil, soulève une nouvelle controverse juridique sur l’utilisation des identités des joueurs à des fins commerciales dans le secteur des paris sportifs.

Les ordonnances judiciaires profiteront notamment à Guilherme Marques, attaquant de l’Atlético-GO, Gabriel Barros d’América-MG, Gustavo Vilar défenseur de Botafogo-SP, et Ricardo Bueno, ancien joueur de Palmeiras et actuel buteur de Pouso Alegre. Les opérateurs visés par les poursuites incluent Verabet, Cassino BET, bet365 et Betano. Bien que ces ordonnances soient préliminaires et sujettes à modification au cours des procédures ultérieures, elles constituent une avancée significative dans les relations entre les athlètes et les opérateurs de paris.

Le cabinet d’avocats RA LAW, dirigé par l’avocat et entrepreneur sportif Marcelo Robalinho, conduit cette affaire. Robalinho est également propriétaire de l’agence de gestion d’athlètes ThinkBall.

Conflit Autour des Marchés de Paris Personnalisés

Il est essentiel de préciser que ce litige n’affecte pas les marchés de paris traditionnels axés sur les résultats des matchs. Les athlètes soutiennent que les opérateurs proposent des marchés utilisant leurs noms et performances pour parier sur la performance spécifique de chaque joueur durant le jeu. Ces marchés personnalisés incluent généralement des paris sur les buts, les cartons, et le nombre de fautes du joueur.

Les avocats des athlètes affirment que ces produits exploitent les identités et performances sportives des joueurs sans obtenir d’approbation préalable, transformant les athlètes en éléments centraux des produits de paris plutôt qu’en simples participants aux matchs.

Sécurité des Athlètes et Droits à l’Image

Outre les droits à l’image, ce litige aborde la sécurité et l’intégrité des athlètes. Robalinho a souligné que les marchés de paris individualisés pourraient rendre les athlètes plus vulnérables aux menaces et harcèlements de la part de parieurs déçus par les résultats sportifs.

Il a évoqué des cas où des athlètes ont déjà reçu des menaces de personnes frustrées par des occasions manquées, telles que des penalties ratés, affectant l’argent des parieurs. Comparant la situation aux jeux vidéo, où l’utilisation des noms et images des joueurs nécessite une licence, Robalinho estime que les marchés de paris personnalisés sont similaires.

Outre la demande de compensation pour l’utilisation commerciale non autorisée de leur identité et noms, les poursuites visent également à retirer les noms et images des joueurs des plateformes de paris. Selon les avocats des joueurs, l’objectif principal est de protéger les droits à l’image des athlètes et d’empêcher toute association avec le produit de paris sans leur consentement préalable.

Robalinho a expliqué : « Les athlètes se plaignent régulièrement d’être associés aux paris sportifs. C’est dangereux. Certains approuvent ce marché, d’autres non ; il a ses aspects négatifs. L’athlète peut devenir dépendant de facteurs échappant à son contrôle, ce qui nuit énormément à son image. »

Réponse de Betano et Contexte Juridique

En réaction à l’ordonnance judiciaire liée au cas de Ricardo Bueno, Betano, représenté par la société Kaizen Gaming, a affirmé que la loi brésilienne sur les paris à cotes fixes prévoit déjà des mécanismes de compensation pour l’utilisation des actifs sportifs. Selon Kaizen Gaming, cette législation exige que les opérateurs de paris versent une part de leurs revenus à des organisations du Système National des Sports du Brésil (Sinesp) en échange de l’utilisation de noms, images, marques, emblèmes et autres éléments liés à la compétition sportive.

Kaizen Gaming souligne également la nécessité de différencier l’utilisation non autorisée de l’image d’une personne et la simple référence à des faits et événements sportifs.

Au fur et à mesure de l’évolution de ces affaires, elles devraient clarifier les frontières légales de l’utilisation des identités des athlètes sur les marchés de paris personnalisés. Ces développements pourraient influencer l’avenir des relations contractuelles entre joueurs et opérateurs de paris dans le contexte dynamique du marché brésilien des jeux. Avec la légalisation croissante des paris sportifs dans le monde, cette affaire pourrait également offrir des enseignements précieux à d’autres juridictions confrontées à des problématiques similaires. Les opérateurs devront peut-être repenser leurs stratégies pour naviguer dans ce paysage juridique en constante évolution et garantir le respect des droits des athlètes tout en optimisant leur offre commerciale.

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