Le 15 août 2026, le ministre des Finances brésilien, Dario Durigan, a exposé les chiffres montrant que cinq millions de numéros CPF sont actuellement impliqués dans des activités de paris. Cette statistique inclut trois millions de bénéficiaires de programmes sociaux comme Bolsa Família et le BPC, qui avaient déjà participé aux paris avant l’instauration de l’interdiction. Cela souligne l’ampleur des restrictions actuelles appliquées aux sites de paris réglementés au Brésil.
Depuis octobre 2025, une décision du ministère des Finances interdit aux bénéficiaires de programmes sociaux tels que Bolsa Família et le BPC de s’inscrire sur les plateformes de paris autorisées par le gouvernement. Bien que la Cour suprême fédérale ait partiellement remis en cause cette mesure, la restriction reste en vigueur, empêchant efficacement ces bénéficiaires de participer à des activités de paris.
Magnho José, président de l’Institut brésilien du jeu légal, a expliqué que les bénéficiaires actuels de Bolsa Família ou du BPC ne peuvent pas s’inscrire sur les plateformes de paris car ils sont systématiquement bloqués. Les opérateurs de paris doivent consulter une base de données gérée par le Secrétariat des Prix et Paris (SPA), qui contient les numéros identificateurs des personnes frappées par ces restrictions. Les comptes des utilisateurs restreints peuvent être bloqués si un opérateur les identifie.
Le programme gouvernemental de Flávio Bolsonaro, candidat à la présidence, réitère cette interdiction déjà en place, stipulant que les ressources des programmes sociaux ne doivent pas être utilisées pour les paris, et propose des campagnes de sensibilisation sur les dettes liées aux jeux de hasard ainsi que des programmes d’éducation financière, par l’intermédiaire de la Caixa Econômica Federal.
En parallèle, une interdiction de 12 mois est imposée aux 800 000 personnes participant au programme de renégociation de dettes Novo Desenrola, soulignant ainsi la rigueur des contrôles d’accès aux sites de paris.
Certains analystes considèrent ces mesures comme nécessaires pour protéger les bénéficiaires des programmes sociaux des risques financiers liés aux jeux de hasard. Cependant, d’autres estiment que ces restrictions pourraient pousser certains individus vers des plateformes de paris non réglementées, échappant ainsi aux contrôles et protections mis en place par le gouvernement.
En 2024, une tentative de l’Office du Procureur Général de révoquer cette interdiction légale a échoué, ancrant davantage la question dans un débat plus large sur le rôle du marché des paris réglementés vis-à-vis des politiques de protection sociale au Brésil. L’initiative du gouvernement de Flávio Bolsonaro ne fait donc que prolonger une interdiction déjà appliquée aux populations ciblées par cette mesure.
Les acteurs de l’industrie des paris doivent naviguer dans ce cadre législatif strict, alors que le droit des jeux au Brésil évolue rapidement pour inclure à la fois la protection des joueurs et l’intégrité des politiques sociales. Ces dynamiques posent également des questions sur l’équilibre entre la promotion d’un marché des paris responsable et l’accès restreint aux populations vulnérables.
Bien que les restrictions actuelles continuent de s’appliquer lors de l’enregistrement des comptes, elles nécessitent également un contrôle régulier des utilisateurs pour s’assurer qu’ils ne figurent pas sur les listes de restrictions. Cela souligne l’engagement du pays à surveiller de près l’activité de paris tout en protégeant les bénéficiaires des programmes sociaux.
En fin de compte, le Brésil cherche un équilibre entre la réglementation des paris et la sécurité financière des bénéficiaires de l’aide sociale, dans un contexte où l’industrie des jeux de hasard est en pleine évolution. Cette approche prudente reflète une volonté de protéger les citoyens les plus vulnérables tout en régulant un secteur en expansion rapide.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
