Le 1er juillet 2026, le Philippine Amusement and Gaming Corp (PAGCOR) a introduit un nouveau système de frais minimaux garantis qui a immédiatement mis plus de 60% des administrateurs de systèmes de jeu en ligne agréés aux Philippines en dessous des seuils de revenus requis, selon les données d’Arden Consult. Ce changement pourrait accélérer la consolidation parmi les opérateurs plus petits, selon l’analyse de la société de conseil en réglementation et juridique.
Arden Consult a estimé que le revenu brut des jeux en ligne aux Philippines s’élevait à environ 1,19 milliard de dollars pour le premier semestre de 2026, soit une baisse de 31% par rapport à l’année précédente. L’introduction de ce nouveau plancher de frais est perçue non pas simplement comme un coût supplémentaire, mais comme un mécanisme de sélection du marché. En d’autres termes, c’est un moyen de filtrer les opérateurs moins performants.
Les règles du frais mensuel sont entrées en vigueur, exigeant qu’un administrateur de système de jeu avec des jeux de casino électroniques paie le plus élevé des frais réglementaires basés sur un pourcentage de PAGCOR ou 9 millions de PHP (147 000 USD) par mois, basé sur un revenu brut mensuel de 30 millions de PHP (489 000 USD). Pour ceux sans jeux de casino électroniques, le minimum mensuel est fixé à 3 millions de PHP (49 000 USD) s’ils atteignent un seuil de revenus de 15 millions de PHP (245 000 USD).
À partir du 1er janvier 2027, ces exigences augmenteront. Les opérateurs de casino électronique devront alors respecter un seuil de 35 millions de PHP (571 000 USD), avec des frais mensuels de 10,5 millions de PHP (171 000 USD). Les administrateurs sans jeux de casino verront leur seuil augmenter à 20 millions de PHP (326 000 USD), avec un frais minimum de 4 millions de PHP (65 000 USD).
Marie Antonette “Tonet” Quiogue, fondatrice et PDG d’Arden Consult, a décrit ces mesures comme une partie d’un ménage réglementaire. Elle a noté que les détenteurs d’accréditation plus faibles ou non opérationnels devront recapitaliser, se consolider, effectuer une transaction approuvée, ou quitter le marché. Le coût fixe de la redevance rend coûteuse la rétention d’accréditations dormantes ou peu performantes, incitant potentiellement à une consolidation.
Cependant, ce changement pourrait être perçu différemment. Certains experts du secteur soulignent que ce plancher de frais élevé est un fardeau pour les petits opérateurs, ce qui pourrait limiter l’innovation et la compétitivité. « Les conditions deviennent de plus en plus difficiles pour les nouveaux entrants et les petits opérateurs, » a fait remarquer un analyste du marché, « ce qui pourrait réduire la diversité et l’innovation dans le secteur. »
Parallèlement, la demande pour entrer sur le marché réglementé philippin reste forte. Les accréditations existantes sont mises en vente entre 3 millions et 15 millions de dollars, reflétant une rareté créée par le moratoire de PAGCOR sur les nouvelles applications de GSA depuis mars 2024. Les investisseurs étrangers qui cherchent une exposition directe doivent investir, acquérir ou établir un accord commercial avec un opérateur accrédité existant.
Il est important de noter que l’accréditation ne peut être achetée séparément de l’entreprise qui la détient. Tout changement de propriété ou de contrôle nécessite l’approbation préalable du conseil d’administration de PAGCOR et une revue de probité complète. Arden Consult a averti que les offres impliquant des entreprises dormantes ou des structures de financement pourraient être considérées comme des transferts de contrôle non divulgués ou des tentatives d’évasion du moratoire.
Malgré ces défis, certains investisseurs estiment que le marché philippin offre encore des opportunités alléchantes, à condition de naviguer avec prudence parmi les exigences réglementaires. D’autres, cependant, soulignent l’incertitude qui persiste. L’effet de la redevance minimale garantie sur la consolidation et l’examen par PAGCOR de la liste actuelle d’opérateurs continuent d’être des facteurs déterminants pour les investisseurs. En l’absence de clarté sur la réouverture des applications GSA, la question reste de savoir si l’achat d’un opérateur existant, avec ses passifs historiques, vaut la peine du premium sur la rareté.
En conclusion, alors que PAGCOR cherche à restructurer le secteur avec ce nouveau plancher de frais, le paysage du jeu en ligne aux Philippines est à un tournant. Le marché est en passe de devenir plus sélectif, favorisant les opérateurs bien capitalisés et bien établis, tout en mettant à l’épreuve la résilience et l’innovation des plus petits acteurs.
