Le 5 juin 2026, Bally’s Intralot a formalisé son offre contraignante pour acquérir l’ensemble des actions restantes de la société cotée à Londres, evoke plc. Cette proposition de rachat est conçue pour transformer une partie du secteur mondial des jeux d’argent. Suite à des discussions révélées pour la première fois en avril, Evoke serait absorbé via une transaction recommandée entièrement en actions, structurée selon le droit des sociétés de Gibraltar. Les conseils d’administration des deux entreprises ont approuvé les termes et signé un accord de coopération pour encadrer le processus.
Au cœur de cette proposition se trouve un échange d’actions qui offre aux investisseurs d’evoke 0,537 action nouvellement émises de Bally’s Intralot pour chaque action evoke détenue. Sur la base du prix de l’action de Bally’s Intralot fixé à 1,12 €, l’offre équivaut à environ 52 pence par action evoke, valorisant ainsi le capital émis et potentiel futur d’evoke à environ 243,1 millions de livres sterling. Une alternative en espèces est proposée, permettant aux actionnaires préférant la liquidité de recevoir 52 pence par action au lieu de nouvelles actions Bally’s Intralot, bien que le composant en espèces soit plafonné à 117,1 millions de livres. Les actions acquises par ce biais seraient achetées par une filiale indirecte à 100% de Bally’s Intralot.
Le refinancement de la dette constitue une partie clé de la transaction. Les arrangements financiers mis en place avec l’offre indiquent que la transaction dépasse largement un simple échange d’actions. La société a obtenu un dispositif de financement relais de jusqu’à 200 millions d’euros de la Deutsche Bank et Jefferies Finance pour financer l’option de paiement en espèces. Un package de refinancement encore plus grand a été organisé pour répondre aux obligations de dette existantes d’evoke. Des engagements menés par un groupe comprenant TPG BD Finance, Oaktree Capital Management et OHA prévoient une facilité à terme de second rang d’une maturité de cinq ans et d’une valeur atteignant l’équivalent en euros de 889 millions de livres. Cette facilité est destinée à refinancer des portions de la dette senior d’evoke, échue en 2028.
Bally’s Intralot a souligné qu’elle ne garantira ni ne fournira de garantie pour ce package de refinancement. Ses engagements se limitent à financer une obligation de remboursement obligatoire équivalente à 200 millions de livres d’ici la fin de 2027 et à couvrir jusqu’à 50 millions de livres de coûts d’intégration et de synergies, sous conditions spécifiées. Du côté de la société cible, evoke a déjà obtenu des dérogations de consentement en cas de changement de contrôle de la part des détenteurs de ses billets garantis seniors échus en 2030 et 2031, ainsi que des prêteurs dans le cadre de sa facilité de crédit renouvelable. Il est également prévu que cette facilité de crédit s’étende à 220 millions de livres une fois les conditions habituelles remplies.
Un soutien financier supplémentaire a été organisé par le biais d’une facilité senior distincte de 157 millions de livres fournie par des investisseurs institutionnels. La transaction reste soumise à plusieurs approbations. Les actionnaires d’evoke doivent approuver le schéma proposé d’arrangement, tandis que ceux de Bally’s Intralot doivent autoriser l’émission de nouvelles actions nécessaires à la conclusion de l’accord. L’entreprise acquéreuse a retenu l’option de poursuivre le rachat par un mécanisme d’offre formelle plutôt que par un schéma d’arrangement, en fonction des circonstances et des termes de l’accord de coopération.
Les deux entreprises visent une finalisation entre le quatrième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027, bien que le calendrier dépende des conditions réglementaires, des actionnaires et des financements devant être satisfaites. Pour Bally’s Intralot, ce mouvement représente son initiative stratégique la plus importante depuis des années. Le président Sokratis Kokkalis a qualifié l’offre de début d’une nouvelle phase pour l’entreprise, décrivant la combinaison comme un effort pour construire un groupe international de jeux d’argent plus large et reflétant ce que la direction perçoit comme un élan renouvelé dans les affaires.
Cependant, certains observateurs de l’industrie soulignent que l’acquisition comporte des risques considérables. L’intégration des deux sociétés pourrait poser des défis, notamment en matière de gestion des cultures d’entreprise différentes et d’harmonisation des opérations. De plus, l’environnement réglementaire de plus en plus strict pour les jeux d’argent, en particulier en Europe, pourrait affecter les perspectives de croissance de la société fusionnée. Certains experts avertissent que le marché des jeux d’argent est imprévisible et que les projections de synergie optimistes doivent être prises avec prudence.
Dans ce contexte, tandis que Bally’s Intralot exprime un optimisme prudent quant aux bénéfices potentiels de la fusion, d’autres voix s’interrogent sur la capacité de l’entreprise à surmonter les obstacles opérationnels et réglementaires. Cela dit, si les deux entreprises parviennent à naviguer efficacement dans le processus complexe de fusion, l’accord pourrait redéfinir leur position sur le marché mondial des jeux d’argent.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
