En 2025, les casinos de Singapour ont joué un rôle crucial dans la lutte contre le blanchiment d’argent, enregistrant plus de 10,000 rapports de transactions suspectes auprès de la police. Ce chiffre impressionnant met en lumière l’importance croissante de ces établissements dans l’identification des opérations douteuses, les plaçant au deuxième rang après le secteur bancaire, dans une année marquée par une augmentation de près de 30% des signalements globaux.
Selon le rapport annuel 2024 du Département des Affaires Commerciales de la Force de police de Singapour, les casinos ont déposé 10,261 rapports de transactions suspectes (RTS). Le total pour tous les secteurs a atteint 85,988 rapports, soit une augmentation de 28,8% par rapport à l’année précédente. Bien que les banques aient dominé avec 59,945 soumissions, en lien avec le statut de Singapour en tant que centre financier mondial, les casinos ont occupé la deuxième place, représentant 11,9% du total général. Bien que le rapport ne détaille pas spécifiquement les changements annuels pour le secteur du jeu, les chiffres indiquent un secteur en état d’alerte maximale.
L’Office de déclaration des transactions suspectes du Département des Affaires Commerciales s’engage à combattre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et les infractions graves connexes. À cet égard, la police a souligné que la croissance soutenue des dépôts peut être attribuée à la vigilance continue des entreprises dans le signalement des activités suspectes, ce qui accroît la sensibilisation aux risques liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, en particulier en dehors du secteur financier, incluant les casinos.
Les lois locales ne laissent aucune place à l’erreur. Les opérateurs de casinos doivent soumettre un RTS chaque fois qu’ils savent ou ont de bonnes raisons de croire qu’une personne ou une transaction est liée à un crime. Omettre cette étape pourrait les placer dans une situation légale critique, faisant de la conformité un aspect incontournable des opérations quotidiennes. Ce cadre garantit que les salles de jeux, les caisses et les suites pour grands joueurs servent de première ligne de défense contre l’argent sale.
Les opérateurs doivent également gérer les rapports de transactions en espèces, ou RTE, qui suivent les mouvements importants de liquidités. En 2024, ceux-ci ont atteint 457,459 – un nombre qui a largement dépassé les environ 374,000 enregistrés en 2019 avant que la pandémie ne bouleverse les choses. Le bureau a souligné que les casinos ont joué un rôle important dans cette augmentation, soulignant combien le secteur du jeu, toujours axé sur les espèces, reste un point chaud pour la surveillance. Selon le cadre anti-blanchiment d’argent de Singapour, toute transaction en espèces atteignant 10,000 SGD (environ 7,800 USD) ou plus doit être signalée. Cela inclut les achats de jetons ou les encaissements de gains, à soumettre dans un délai de 15 jours. Les espèces signifient des billets et des pièces, maintenant l’attention sur les flux d’argent physique.
Ces mandats de déclaration constituent un fondement de la stratégie de Singapour pour rester en avance sur les menaces financières sophistiquées. Avec des milliers d’alertes et des dizaines de milliers de rapports en espèces déposés par les casinos, l’industrie démontre qu’elle ne fait pas que divertir les clients mais protège activement le système. Les données du Département des Affaires Commerciales témoignent d’un réseau de vigilance en pleine capacité, chaque transaction signalée aidant à compléter le tableau des risques cachés. Alors que des schémas commencent à émerger de cette marée d’informations, les autorités développent des outils plus pointus pour perturber les réseaux criminels avant qu’ils ne prennent racine.
Cependant, certains observateurs soulignent que malgré l’augmentation des signalements, l’efficacité réelle des mesures de détection et de prévention reste à prouver. Tandis que les rapports s’accumulent, la question se pose de savoir si les ressources et les technologies déployées sont suffisamment avancées pour traiter et analyser ces masses d’informations de manière proactive. En effet, certains estiment que la charge administrative croissante pourrait détourner l’attention des efforts réellement nécessaires sur le terrain pour démanteler les réseaux criminels.
En somme, si les casinos de Singapour démontrent un engagement fort envers la conformité et la sécurité financière, le débat se poursuit sur la manière d’améliorer encore l’efficacité des systèmes de surveillance et de réponse rapide. Ces questions demeurent cruciales alors que Singapour continue de se positionner comme un leader dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme à l’échelle mondiale.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
