Le 3 mai 2026, Norsk Tipping et la Fédération Norvégienne de Football (NFF), l’organisme régissant le football en Norvège, ont annoncé qu’ils examinaient leurs partenariats avec Sportradar suite à des allégations selon lesquelles le fournisseur de données sportives pourrait être lié à des opérateurs de jeux d’argent non autorisés ciblant la Norvège. Cette affaire, initialement rapportée par Dagens Næringsliv (DN), met Sportradar sous pression concernant son rôle dans le marché norvégien réglementé.
Norsk Tipping, lié à un accord de six ans avec la filiale de Sportradar, Optima, d’une valeur d’environ 30 millions de NOK par an, couvre l’infrastructure des paris sportifs et l’accès aux données de cotes internationales. Face à ces allégations, l’opérateur a lancé des vérifications internes et prévoit d’aborder directement la question avec Sportradar. « Cette affaire sera évidemment un sujet dans notre dialogue avec Sportradar dans un avenir proche », a déclaré Roger Soleim, directeur des opérations clients de Norsk Tipping, cité par DN. Les informations disponibles à ce jour incitent extrêmement à demander des éclaircissements supplémentaires.
De son côté, la NFF, responsable de l’organisation et de la réglementation du football en Norvège, se sert de Sportradar pour la surveillance des paris et la détection de la manipulation de matchs, et évalue également la situation. « L’affaire est encore à un stade précoce. Nous suivons les développements », a confié le conseiller juridique Rinor Tahirii à DN. Sportradar joue un rôle crucial pour le football norvégien, notamment dans les compétitions qui ne bénéficient pas d’une surveillance de l’UEFA.
Les affirmations selon lesquelles les données de Sportradar apparaissent sur des sites bloqués en Norvège ont intensifié le contrôle. D’après DN, des services de Betradar ont été repérés chez des opérateurs restreints par le régulateur norvégien. Sportradar a nié ces allégations, affirmant qu’il ne travaille qu’avec des opérateurs agréés.
Norsk Tipping a reconnu la difficulté d’éviter le chevauchement dans le paysage des fournisseurs. « Dans certains domaines, il est presque impossible de trouver des fournisseurs qui ne fournissent pas également des services à des entreprises visant à un moment donné le marché norvégien », a expliqué Soleim, selon DN. Pour l’instant, Norsk Tipping et la NFF attendent d’obtenir plus d’informations avant de prendre d’autres mesures.
Néanmoins, cette situation a suscité des débats dans l’industrie sur la responsabilité des fournisseurs de données sportives et leur rôle dans la régulation des marchés du jeu. Certains analystes estiment que les entreprises comme Sportradar doivent renforcer leurs contrôles internes pour éviter toute association avec des opérateurs non conformes. Cependant, d’autres soutiennent qu’il est difficile de contrôler l’utilisation des données une fois qu’elles sont commercialisées, en particulier sur les marchés où les régulations sont moins strictes.
En contre-argument, certains experts suggèrent que ces allégations reflètent plutôt des tensions plus larges dans l’industrie du jeu, où la frontière entre le jeu légal et illégal devient de plus en plus floue à l’ère numérique. Ils soulignent que des plateformes non autorisées peuvent acquérir des données via des voies détournées et que tenir les fournisseurs directement responsables de chaque utilisation de leurs services pourrait s’avérer impraticable.
Pour conclure, tandis que l’enquête se poursuit, Norsk Tipping et la NFF doivent naviguer avec prudence pour maintenir l’intégrité de leurs opérations tout en assurant le respect des régulations nationales. Ce cas pourrait également inciter une réévaluation plus large des normes et des pratiques de collaboration entre les fournisseurs de données sportives et les opérateurs de jeux d’argent à l’échelle mondiale.
