Le Service des Impôts Internes (SII) du Chili a publié des instructions pour que les étrangers enregistrent et paient des taxes dans le pays pour leurs plateformes de paris en ligne, un sujet qui a été de nouveau abordé au Sénat chilien. Karim Bianchi Retamales, président de la Commission de Sécurité Publique, a soulevé la question.
Bianchi a officiellement demandé au Ministère de la Sécurité des détails concernant les mesures du gouvernement contre les sociétés étrangères de paris en ligne. Cette conversation fait suite à l’absence d’une réglementation spécifique sur les paris en ligne au Chili, et à la décision de la Cour Suprême qui interdit l’exploitation de sites étrangers illégaux de paris dans le pays.
Le SII Introduit des Exigences de TVA Numérique
La controverse a surgi après la publication de la Résolution Exemptée No. 69 de 2026, par le SII le 2 juin. Cette mesure exige la conformité des plateformes numériques étrangères fournissant des services de paris aux consommateurs chiliens, incluant des obligations fiscales telles que l’enregistrement, le rapport et le paiement de taxes.
La résolution stipule que les plateformes soumises à ses dispositions devront payer la TVA numérique au Chili, fixée à 19 %. Cependant, le SII a souligné que l’obligation de payer cette taxe ne signifie pas que l’entité reçoit l’autorisation d’opérer au Chili et que l’activité de paris est légale.
Cette séparation a suscité des critiques car les plateformes assujetties à la taxe ne sont pas encore légalement autorisées à fournir des services de paris en ligne dans le pays.
Le Sénateur Met en Doute l’Approche du Gouvernement
Bianchi a décrit la « contradiction » entre le fait de taxer les sites de paris étrangers et la position judiciaire sur leur légalité. Il a exprimé dans une déclaration sur les réseaux sociaux : « Imposer la TVA sur une activité que la Cour Suprême elle-même a jugée illégale n’est pas une régulation. C’est présenter une illégalité par le biais du Service des Impôts Internes. »
Il a également soulevé des inquiétudes concernant la criminalité financière et l’utilisation potentielle des plateformes de paris étrangères pour le blanchiment d’argent. « Ces plateformes déplacent des millions de dollars sans contrôle, devenant une source directe potentielle de blanchiment d’argent, sans que l’État ait fait quoi que ce soit d’efficace pour l’empêcher. C’est pourquoi j’appelle à ne pas négocier ou s’asseoir à la table avec ceux qui opèrent en dehors de la loi. »
Inquiétudes Concernant le Crime Financier
Le sénateur a déclaré que la politique du gouvernement pourrait conduire à une incohérence dans sa lutte contre le crime organisé. Taxer des sites considérés comme non autorisés pourrait être perçu comme une acceptation institutionnelle, selon lui.
Bianchi a conclu : « Nous ne pouvons pas combattre de front le crime organisé dans les quartiers tout en déroulant simultanément le tapis rouge financier sur Internet pour des entreprises multinationales qui défient nos tribunaux. Les règlements doivent viser l’élimination définitive de ces plateformes illégales et non adapter la loi à leurs intérêts. »
Ses déclarations compliquent encore le débat sur la fiscalité, les décisions judiciaires et l’avenir des paris en ligne au Chili, ajoutant une dimension politique.
Diego Schalper Appelle Aussi à une Révision
La position de Bianchi survient après une autre tentative de renverser la résolution du SII. Le législateur chilien Diego Schalper a demandé à l’Office du Contrôleur Général de la République (OGCGR) d’examiner la légalité de la Résolution No. 69, une demande qu’il a faite plus tôt en août.
Schalper a également douté que les plateformes de paris en ligne non légales puissent être enregistrées et payer la TVA par le système juridique du pays. La demande vise à ajouter plus de complexité institutionnelle à un conflit sur la gestion des opérateurs offshore, alors que les législateurs se préparent à créer un cadre réglementaire spécifique pour les opérations offshore.
En attendant, un projet de loi visant à créer un régime de licences pour les opérateurs de jeux en ligne et des mesures pour prévenir les offres illégales sont à l’étude au Sénat chilien. Le résultat aura des implications pour l’avenir de la réintégration de la fiscalité, de l’application et de la délivrance de licences dans un système réglementaire transparent et unique.
Le débat sur cette question cruciale pourrait redéfinir le paysage des jeux en ligne au Chili. Alors que certains voient dans la régulation fiscale une première étape vers une industrie encadrée, d’autres y perçoivent une compromission des principes légaux fondamentaux. Le Chili se retrouve donc à un carrefour majeur, où les décisions prises aujourd’hui influenceront le secteur pour les années à venir.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
