En juin 2026, une nouvelle analyse de l’industrie classe le Canada parmi les principaux marchés de croissance du jeu réglementé en Amérique du Nord. Si l’attention s’est jusqu’ici concentrée sur l’Ontario, c’est maintenant vers l’Alberta que se tournent les regards, avec l’ouverture tant attendue de son marché réglementé.
L’évaluation, publiée par iGaming.com après le sommet SBC Canada 2026, indique que le Canada devient une destination de choix pour les opérateurs de jeux d’argent en ligne réglementés. Cette conclusion repose principalement sur deux développements : l’habileté de l’Ontario à orienter les joueurs vers des plateformes agréées et l’entrée imminente de l’Alberta sur le marché réglementé.
L’Ontario continue de faire figure de référence avec un taux de canalisation de 91 %, ce qui signifie que la majorité des activités de jeux en ligne se déroulent via des opérateurs réglementés plutôt que des sites offshore. Pour les régulateurs, ce chiffre est souvent considéré comme un indicateur de succès pour un marché légal, car il montre que les joueurs sont amenés dans un environnement supervisé où des protections pour les consommateurs peuvent être mises en place.
Le modèle de l’Ontario a attiré l’attention. Les observateurs de l’industrie soulignent de plus en plus que la concurrence commerciale et la protection des joueurs ne doivent pas être des priorités concurrentes. Au contraire, le marché est devenu une étude de cas pour les juridictions envisageant d’ouvrir leur propre secteur de jeux d’argent en ligne.
Le prochain défi se présente en Alberta. La province n’a pas encore lancé son cadre réglementé, mais l’anticipation grandit déjà dans l’industrie. Environ 70 opérateurs se préparent à entrer sur le marché, et l’activité de licence s’est accélérée à l’approche de l’ouverture. Parmi les entreprises qui se positionnent tôt, bet365 a déjà obtenu l’approbation de la Commission des jeux, de l’alcool et du cannabis de l’Alberta.
Ce niveau d’intérêt est inhabituel même selon les normes nord-américaines. Les opérateurs abordent généralement les nouvelles juridictions avec prudence, surtout lorsque les détails réglementaires sont encore en cours d’élaboration. L’Alberta semble susciter une réaction différente. La taille de la province, combinée aux leçons tirées du lancement de l’Ontario, a transformé cette ouverture en un des développements de jeux les plus suivis sur le continent.
L’analyse met également en lumière un écart croissant entre les politiques canadiennes et européennes. Tandis que les provinces canadiennes continuent de se concentrer sur la concurrence réglementée et de détourner les consommateurs des opérateurs non agréés, certaines régions d’Europe se préoccupent de plus en plus de questions fiscales. Une proposition à l’étude au niveau européen pourrait introduire une taxe de 1 % sur les revenus des jeux en ligne, une mesure qui pourrait générer jusqu’à 28 milliards d’euros pendant le cycle budgétaire 2028–2034 de l’UE.
Pour les opérateurs décidant où investir, ces approches contrastées sont importantes. Les marchés qui mettent l’accent sur la canalisation et les structures de licences compétitives peuvent être très différents des juridictions où de nouvelles charges fiscales deviennent une partie de la conversation réglementaire.
Les attentes de l’industrie s’étendent désormais au-delà de l’Ontario et de l’Alberta. Les discussions au sommet SBC Canada ont suggéré que d’autres provinces pourraient éventuellement examiner la mise en place de cadres réglementés pour les jeux d’argent en ligne. Aucune échéance n’a été confirmée, mais l’orientation devient de plus en plus difficile à ignorer.
Pour le moment, l’Ontario reste une preuve de concept, et l’Alberta est le prochain grand test. Et si d’autres provinces suivent, le paysage des jeux d’argent en ligne du Canada pourrait être très différent d’ici quelques années. Une voix optimiste dans l’industrie a fait entendre que les bénéfices prévisibles pour les joueurs et l’économie locale sont trop importants pour être négligés. Cependant, certains sceptiques avertissent que le marché peut encore rencontrer des obstacles réglementaires et économiques sur son chemin, soulignant que la réussite en Ontario ne garantit pas nécessairement un succès similaire ailleurs.
En fin de compte, le marché canadien joue une carte à la fois ambitieuse et prudente. Tandis que l’Alberta se prépare à entrer en scène, les yeux sont rivés sur les prochains développements, qui pourraient bien redéfinir le jeu réglementé en Amérique du Nord.
