Un projet de loi actuellement à l’examen au Sénat brésilien pourrait profondément affecter le financement des clubs de football du pays. Le texte vise à interdire toute forme de publicité liée aux paris sportifs et aux jeux en ligne. Si la loi est adoptée, les clubs de la Serie A pourraient perdre jusqu’à 1 milliard de R$ par an, car beaucoup d’entre eux dépendent fortement des partenariats avec les sociétés de paris.
À l’heure actuelle, le projet attend la désignation d’un rapporteur au sein de la Commission de la Constitution et de la Justice (CCJ). Plus tôt ce mois, la Commission de la Science et de la Technologie (CCT) a voté en faveur du projet, remplaçant celui initialement proposé par le sénateur Randolfe Rodrigues par une version modifiée présentée par la sénatrice Damares Alves.
Ce que Propose le Projet de Loi
Le texte vise à modifier la loi sur les paris sportifs au Brésil et à interdire toute communication promouvant les paris à cotes fixes, où le gain potentiel est fixé lors de la mise. Il proscrit également les publicités sur divers médias, y compris la radio, la télévision, les journaux et les magazines. En outre, il interdit aux sociétés de paris de sponsoriser des clubs sportifs et des événements, ainsi que toute publicité indirecte lors de diffusions ou d’émissions télévisées.
De plus, le projet prévoit d’interdire la préinstallation d’applications de paris sur divers appareils comme les smartphones, les tablettes et les smart TV. La sénatrice Alves a justifié cette initiative en affirmant que les publicités présentent souvent les paris comme une opportunité financière attractive. Le sénateur Rodrigues a expliqué que ces publicités “présentent les paris comme un moyen de subsistance et d’investissement, incitant des personnes qui n’ont jamais parié auparavant à entrer sur ce marché grâce à des offres de bonus”.
La sénatrice Damares Alves soutient cette mesure, estimant qu’il est nécessaire de réguler davantage le secteur afin d’“imposer des limites claires à l’activité commerciale des sociétés de paris”. Elle a ajouté que “la proposition présente une solution législative proportionnée à la gravité du problème diagnostiqué par le Sénat fédéral”.
Perspectives Politiques et Inquiétudes du Marché
Bien que la mesure progresse au Sénat, certains analystes prédisent qu’elle pourrait échouer à avancer davantage. Même si le Sénat l’adopte, le président de la Chambre des députés pourrait refuser de la mettre au vote. Les acteurs de l’industrie critiquent sévèrement cette mesure, affirmant que sa mise en œuvre pourrait favoriser encore plus le secteur illégal que le secteur légal.
Les statistiques du secteur estiment déjà que la part de marché illégale représente 49 %. Selon une étude de la société Yield Sec, le gouvernement brésilien a perdu 4,6 milliards de R$ de taxes au cours du premier semestre 2025 à cause des 18,1 milliards de R$ générés par le secteur illégal. Actuellement, 84 sociétés sont autorisées à opérer au Brésil, et 185 marques sont déjà en activité dans le pays, avec deux autres opérant grâce à des décisions judiciaires.
Impact Économique sur le Sport
Depuis la régulation du secteur en janvier 2025, celui-ci a connu une croissance significative au Brésil. Selon le gouvernement brésilien, le secteur a généré 37 milliards de R$ l’an passé. De son côté, le secteur illégal a généré environ 30 milliards de R$.
Des experts de l’industrie soulignent que les restrictions sur la publicité de ces entreprises pourraient avoir des conséquences inattendues. Ils notent que “restreindre la communication des entreprises autorisées pourrait avoir l’effet pratique involontaire de limiter celles qui respectent la loi, tandis que celles qui opèrent déjà en dehors de celle-ci continueront de le faire”.
Dépendance Croissante du Football aux Sponsors de Paris
Les clubs de football au Brésil dépendent fortement des sponsors de paris. Actuellement, 14 des 20 clubs de la Serie A sont commandités par des entreprises de paris, et le logo de l’entreprise est le sponsor principal dans 13 cas. L’année dernière, les entreprises de paris ont investi plus de 1,1 milliard de R$ dans les clubs de football brésiliens. En 2026, ce chiffre devrait être similaire.
L’Institut Brésilien de Jeux Responsables (IBJR) a révélé que les clubs de football gagnent 2,6 fois plus de leurs parrainages de paris que de leurs prix en événements sportifs. L’un des plus gros contrats de parrainage dans le pays est celui de Betano, une société faisant partie du conglomérat Kaizen Gaming, qui verse environ 268 millions de R$ chaque année à Flamengo.
Les dirigeants des entreprises de paris affirment que le lien avec le football ne prendra pas fin. Selon eux, “les sociétés de paris ne quitteront pas le football car notre activité principale est le sport. C’est le football”.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
