Le 25 février 2026, le Ministre de la Justice du Brésil, Wellington César Lima e Silva, a déclaré que le Congrès doit élaborer sa propre loi ou utiliser la Proposition d’Amendement Constitutionnel de Sécurité Publique (PEC da Segurança Pública) pour garantir la taxation des opérateurs de paris. Cette déclaration arrive à peine un jour après que la Chambre des Députés ait approuvé le Projet de Loi Antifalsification (PL Antifacção) sans inclure la disposition pour taxer les opérateurs. Le gouvernement fédéral considérait cette source de revenu comme une partie essentielle de sa lutte contre le crime organisé.
La suppression de cette disposition a souligné, selon le Ministre de la Justice, l’importance pour le Congrès de développer sa propre législation. À l’origine, la disposition fiscale avait été incluse dans le rapport officiel du projet de loi, proposée par le député Guilherme Derrite (PP–SP). Cependant, lors de la session plénière, la Chambre des Députés a décidé de retirer cette disposition en approuvant une demande de vote séparé (DVS).
Des membres du Parti des Travailleurs (PT) ont critiqué cette décision pendant la session plénière. Lors d’une conférence de presse, le Ministre de la Justice a fermement nié tout accord entre lui et le Président de la Chambre, Hugo Motta, concernant la suppression de la disposition fiscale. « Il n’y a eu aucun accord entre le Président de la Chambre, Hugo Motta, et moi concernant cette suppression. Nous n’avons fait aucun arrangement pour le retrait de cette disposition, d’autant plus qu’elle était incluse dans le rapport principal », a-t-il déclaré.
En termes de stratégie gouvernementale, le ministère a adopté une approche tactique pour ne pas perdre de l’influence sur l’agenda de sécurité publique après que la Chambre ait rejeté la proposition du Sénat. Le gouvernement a proposé 23 amendements ciblés pour affiner le projet de la Chambre, parvenant à en faire inclure environ la moitié. Cela a permis à l’administration de ne pas rester dans le domaine rhétorique, mais de livrer un « meilleur produit législatif », selon Wellington César.
En ce qui concerne les possibles veto présidentiels, le ministre a averti qu’il n’y avait que deux heures entre la présentation du rapport final et le vote en plénière pour un examen approfondi par l’exécutif. Le pouvoir exécutif étudiera maintenant la proposition approuvée, en consultant les dirigeants politiques pour décider s’il convient de mettre un veto sur certaines dispositions pour inconstitutionnalité ou pour l’intérêt public.
Alors que le débat se poursuit, la taxation des entreprises de paris au Brésil se trouve au cœur de la discussion sur les mécanismes de financement de la sécurité publique et le cadre juridique qui devrait soutenir ces mécanismes. Certains analystes estiment que, sans cette source de revenu, le gouvernement pourrait voir ses efforts pour lutter contre le crime organisé affaiblis. D’autres, cependant, soutiennent que l’inclusion de taxes pourrait dissuader les investissements dans le secteur, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur l’économie en plein essor du jeu au Brésil.
Le débat souligne une tension persistante entre la nécessité de réglementer de manière adéquate un secteur en pleine expansion et l’importance de ne pas entraver le dynamisme économique. Un observateur note que « le Brésil doit trouver un équilibre entre la réglementation efficace de l’industrie des jeux et le maintien d’un climat économique favorable. » Dans ce contexte, une législation bien conçue pourrait offrir une solution équilibrée, assurant à la fois la croissance économique et la sécurité publique.
Les événements récents mettent en lumière la complexité de l’intégration de nouvelles sources de revenu dans le cadre juridique existant, tout en prenant en compte les implications économiques plus larges. Il est évident que la question de la taxation des opérateurs de paris ne se termine pas là et continuera d’être un sujet de débat dans les semaines à venir.
